Description du projet

Partant du jeu de tarot et plus spécifiquement de son rapport à la divination, l’exposition Rituels & Sortilèges explore à partir des arts plastiques la part d’indicible et d’imperceptible qui anime nos sociétés actuelles.

Musée Français Carte à Jouer, Issy-les-Moulineaux
www.museecarteajouer.com

RITUELS & SORTILEGES
Une exposition d’Art Contemporain
de 12 artistes des Arches

14 sept. > 30 oct. 2016

Avec les artistes :

Nadya Bertaux, Sandrine Elberg, Philippe Fabian, Cristina Elinesco, Stéphanie Guglielmetti, Kwang-Bum Jang, In-Hyuk Park, Agnès Pezeu, Son Seock, Florentin Tanas, Anne Vignal et Brankica Zilovic.

Commissaire d’exposition : Julien Verhaeghe

Musée Français de la Carte à Jouer
16 rue Auguste Gervais
92130 Issy-les-Moulineaux

Détail de l’œuvre présentée : jour | nuit

RITUELS & SORTILEGES

par Julien Verhaeghe

Le Musée français de la carte à jouer présente le travail de douze artistes contemporains issus des ateliers Les Arches à Issy-les-Moulineaux. Partant du jeu de tarot et plus spécifiquement de son rapport à la divination, l’exposition Rituels & Sortilèges vise à explorer, à partir des arts plastiques, la part d’indicible et d’imperceptible qui anime nos sociétés actuelles. En cela, chacun des artistes s’appuie sur un aspect ésotérique ou occulte de l’univers de la carte à jouer afin de restituer, à partir de la peinture, de la photographie, de la sculpture ou d’autres démarches hybrides, des figures formelles réinterrogeant la relation entre art, iconographie et magie.

Relation complexe mais pourtant inhérente à l’histoire des représentations, si l’on en croit les peintures naturalistes qui ornent les grottes du Paléolithique en vue de convoquer des forces surnaturelles, les rites chamaniques faisant le lien entre l’homme et les esprits, ou les symboliques religieuses qui essaiment la quasi-totalité des civilisations. À cet égard, les cartes à jouer semblent d’autant plus fasciner car elles investissent également une dimension ludique qui suppose, chez les joueurs, la nécessité de réguler les aléas et les circonstances, tout en se conformant à un système de règles.

Ainsi, dans le projet de conjurer le mauvais sort ou de canaliser des forces incomprises, rappelant que toute activité sociale et institutionnelle se consolide autour de ses rites, mais aussi et surtout autour de ses jeux, l’exposition Rituels & Sortilèges peut solliciter le pouvoir d’évocation parfois inexpliqué des formes et des images, tout comme l’importance que ces dernières arborent au regard du monde qui nous entoure. À mi-chemin entre science et croyance, esthétique et anthropologie, il s’agit, dès lors, de revisiter ce qu’il subsiste d’envoutant et de mystérieux aujourd’hui, à partir de

Stéphanie Guglielmetti élabore progressivement un travail de sculpture et d’installation. Sa découverte du monde de l’horlogerie est marquée par un dialogue singulier avec ses composants : les cadrans, aiguilles, couronnes, boitiers et ressorts constituent la matière première de ses compositions. Si de prime abord la nature mécanique et parfois sociale du temps est mise en avant, ses oeuvres insistent en réalité sur son caractère volatile et évanescent, en particulier par de la verticalité, de l’apesanteur et de la transparence. Elle est régulièrement exposée en France et à l’étranger.

Stéphanie Guglielmetti présente une installation de forme totémique, rappelant aux rites et aux rapports de vénération que des sociétés traditionnelles pouvaient adopter à partir d’un objet érigé à la gloire des divinités. L’absence toutefois d’ornements extérieurs contraste avec la nécessité de porter le regard en son intérieur. Le visiteur, invité à enclencher un interrupteur, y découvre une configuration faite de composants d’horlogerie alternant entre la figure du coeur et du pique, comme pour rappeler non tant à la binarité de deux entités supposées contraires, mais à leur complémentarité.