… « Ses mains créaient une musicalité aérienne » …
Extraits : LUCIO FONTANA, Crosses, par Valérie DA COSTA, Historienne de l’art et Critique d’art
[…] Le travail de la terre et donc de la céramique lui permet d’exprimer, par une forme très esquissée, une grande ductilité dans un mouvement continu (un continuum spatial) et une énergie gestuelle révélant ainsi sa spontanéité et sa rapidité d’exécution à travers une grande virtuosité plastique. Le critique d’art et ami Guido Ballo (1914-2010) se souvient que, lorsqu’il modelait, « ses mains créaient une musicalité aérienne et il restait silencieux comme s’il était en transe ».
Tous ces sujets, qu’ils soient sans distinction religieux ou profanes, sont donc un moyen de réfléchir autrement à une nouvelle inventivité formelle qui embrasse le geste, la matière, l’espace, la couleur et la lumière. Fontana cherche dans toutes les directions. Il est curieux, inventif, produit beaucoup et se saisit de tous les moyens qui s’offrent à lui : ceux du passé, qu’il n’hésite pas à réactualiser et à faire coïncider avec ceux de son temps montrant qu’il n’est pas l’homme d’une seule esthétique
[…] Parlant de la céramique, Fontana a souligné à plusieurs occasions qu’il n’avait pas tant été intéressé par la technique que par les potentialités ductiles du matériau, tout à la fois souple et dense, une attraction de la matière renforcée par les possibilités chromatiques qu’offrent l’émail et les cuissons, ce qui semblait le passionner. Au regard de ces œuvres dans lesquelles le sujet religieux disparaît, Fontana aboutit à la représentation d’une forme continue qui semble se faire et se défaire dans le même temps. Ces sculptures tout en rythme et en mouvement, à mi-chemin entre une esthétique abstraite et figurative, révèlent un traitement chromatique qui devient à la fois un élément symbolique mais aussi structurel.
20 Mai – 29 Juillet 2017
Galerie KARSTEN GREVE, 5 rue Debelleyme, Paris 3e
http://www.galerie-karsten-greve.com/fr/exhibition/lucio-fontana/crosses-20-mai-29-juliett-2017/fr

© Crédit Photo : Stéphanie Guglielmetti, juin 2017